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Visa E-2 investisseur : le guide complet pour les Français

Créer ou racheter une entreprise aux États-Unis et venir la diriger : le visa E-2 est la voie la plus utilisée par les entrepreneurs français. Voici ce qu'exigent l'ambassade de Paris et l'USCIS.

Vérifié sur les sources officielles le 6 novembre 2026
En bref
  • Les Français sont éligibles grâce au traité franco-américain entré en vigueur le 21 décembre 1960.
  • Vous devez investir personnellement un capital « substantiel » dans une entreprise réelle et active, détenue au moins à 50 % par des ressortissants français.
  • Aucun montant minimum n'est fixé par les textes : il s'apprécie au regard du coût de l'entreprise.
  • Frais de demande de visa : 315 $. Séjour initial de 2 ans maximum, prolongeable par périodes de 2 ans sans limite de renouvellements.
  • C'est un visa temporaire : il ne mène pas directement à la carte verte et vous devez avoir l'intention de partir à la fin de votre statut.

Qui peut demander un visa E-2 ?

Le visa E-2 (« Treaty Investor ») est réservé aux ressortissants des pays liés aux États-Unis par un traité de commerce et de navigation. La France en fait partie depuis le 21 décembre 1960 ; selon le Département d'État, ce traité s'applique aussi à la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et La Réunion.

Deux profils peuvent l'obtenir :

  • L'investisseur principal, qui vient « développer et diriger » l'entreprise dans laquelle il a investi ;
  • Un salarié de cette entreprise, de même nationalité, recruté comme dirigeant, superviseur ou employé aux compétences essentielles au fonctionnement de l'entreprise.

Les conditions, point par point

D'après la page E-2 de l'ambassade des États-Unis en France :

  1. Nationalité du traité. Vous devez être ressortissant d'un pays signataire, et l'entreprise américaine doit « avoir la nationalité » de ce pays : au moins 50 % de son capital détenu par des ressortissants de ce pays.
  2. Un investissement réel et engagé. L'argent doit être investi ou en cours d'investissement, et exposé au risque : il doit pouvoir être perdu en partie ou en totalité si l'affaire échoue. Vous devez aussi montrer que les fonds n'ont pas une origine criminelle. Des fonds non engagés ou révocables, laissés sur un compte bancaire, ne sont généralement pas considérés comme un investissement.
  3. Un investissement « substantiel ». Il doit être suffisant pour assurer le bon fonctionnement de l'entreprise. L'USCIS précise que plus le coût total de l'entreprise est faible, plus la part investie doit être proportionnellement élevée.
  4. Une entreprise réelle et en activité, qui produit des biens ou des services dans un but lucratif.
  5. Une entreprise non « marginale ». Elle doit générer plus qu'un simple revenu de subsistance pour vous et votre famille, ou avoir un impact économique significatif aux États-Unis. Les revenus extérieurs (épargne, loyers en France…) ne comptent pas.
  6. Diriger l'entreprise. L'investisseur principal doit venir développer et diriger l'entreprise, ce que l'USCIS apprécie par la détention d'au moins 50 % de l'entreprise ou par un contrôle opérationnel (poste de direction ou autre mécanisme statutaire).
  7. Intention de repartir lorsque le statut E-2 prendra fin.
Combien faut-il investir ?

Ni l'ambassade ni l'USCIS ne publient de montant minimum. Les chiffres « magiques » que l'on lit en ligne ne sont pas des seuils officiels. Ce qui compte, c'est la proportion de l'investissement par rapport au coût réel de l'entreprise (achat ou création), sa capacité à la faire fonctionner et la preuve que l'entreprise ne sera pas marginale. Faites valider votre budget par un avocat avant de vous engager.

Les étapes de la demande depuis la France

  1. Structurer et lancer l'entreprise : création de la société américaine (ou rachat), ouverture d'un compte, signature du bail, achats d'équipement. L'ambassade insiste : il faut des preuves d'achats réels et de contrats signés, pas seulement des virements vers un compte américain.
  2. Remplir le formulaire DS-160 en ligne, y compris la section « E Visa ». Les investisseurs E-2 et leur famille n'ont plus à remplir le formulaire DS-156E ; les salariés (dirigeants et employés essentiels) doivent, eux, remplir le DS-156E (parties I, II et III).
  3. Créer un compte sur usvisaappt.com, le portail de prise de rendez-vous pour la France, et payer les frais de demande. Le paiement via ce portail est le seul accepté et il n'est pas remboursable.
  4. Téléverser le dossier complet au moment de la demande de rendez-vous : un seul fichier PDF de 10 Mo maximum, organisé en onglets (voir ci-dessous). Le bouton permettant de fixer la date ne s'active qu'après validation préalable du dossier par l'ambassade.
  5. Passer l'entretien à l'ambassade des États-Unis, 4 avenue Gabriel, Paris 8e. Depuis le 2 septembre 2025, tous les demandeurs, y compris les enfants de moins de 14 ans et les personnes de plus de 79 ans, doivent se présenter en personne.
  6. Recevoir le passeport avec le visa, puis entrer aux États-Unis. À l'arrivée, c'est l'agent de la CBP qui décide de l'admission et fixe la durée du séjour (formulaire I-94).

Le dossier de l'ambassade de Paris, onglet par onglet

L'ambassade impose un format précis pour les premières demandes E-2 :

Tab APage de confirmation du DS-160 avec photo conforme, pour chaque demandeur (famille comprise).
Tab BCopie de la page d'identité du passeport (n'envoyez pas de passeport par courrier), actes de mariage et de naissance des membres de la famille.
Tab CPour les salariés (dirigeants, employés essentiels) : formulaire DS-156E complet. Les investisseurs remplissent à la place la section « E Visa » du DS-160.
Tab DLettre de présentation décrivant l'entreprise, le poste et le demandeur, qui démontre chaque condition du Foreign Affairs Manual (9 FAM 402.9) et inclut un paragraphe sur l'intention de quitter les États-Unis à la fin du statut.
Tab EPreuve de la détention de l'entreprise par des ressortissants du pays du traité.
Tab FPreuve que les fonds sont investis ou en cours d'investissement : achats, contrats et baux signés, pas seulement des virements.
Tab GPreuve que l'entreprise est réelle et active : factures, liste de clients, contrats, photos…
Tab HPreuve que l'investissement est substantiel.
Tab IPreuve que l'entreprise n'est pas marginale (les revenus extérieurs ne comptent pas).
Tab JCV, diplômes, certifications et organigramme ; pour un employé essentiel, la preuve de ses compétences indispensables.
Tab KBusiness plan sur cinq ans avec charges et bénéfices prévisionnels, démontrant la capacité à être rentable en cinq ans au plus. Exigé pour les entreprises créées depuis deux ans ou moins ; les autres fournissent les cinq premières pages de leur dernière déclaration fiscale américaine.
Tab LFormulaire G-28 si vous êtes représenté par un avocat.

Le renouvellement d'un E-2 pour la même entreprise suit un format allégé (preuve de l'activité, cinq premières pages de la dernière déclaration fiscale, maintien de la détention à 50 %…).

Combien ça coûte ?

PosteMontantSource
Frais de demande de visa E (par personne)315 $, non remboursablesDépartement d'État
Frais de délivrance (« réciprocité »)Selon la nationalité : consultez le tableau de réciprocité « France »Département d'État
« Visa integrity fee » (loi du 4 juillet 2025)Au moins 250 $ à la délivrance d'après la loi, mais aucune date de mise en œuvre n'est publiée sur la page officielle des frais à ce jourLoi publique 119-21
Avocat, comptable, business plan, traductionsHonoraires libres : demandez plusieurs devis—

À cela s'ajoute bien sûr l'investissement lui-même, qui est la principale dépense.

Durée du visa et du séjour

  • Séjour : l'USCIS accorde un séjour initial de deux ans au maximum. Les prolongations sont accordées par périodes de deux ans au plus, sans limite de nombre, tant que l'entreprise remplit les conditions.
  • Visa : la durée de validité du visa collé dans le passeport est distincte de la durée du séjour. Elle dépend du tableau de réciprocité propre à chaque nationalité.
  • Intention de départ : tous les titulaires E-2 doivent garder l'intention de quitter les États-Unis à l'expiration de leur statut.

Conjoint et enfants

  • Le conjoint et les enfants célibataires de moins de 21 ans peuvent vous accompagner ou vous rejoindre, quelle que soit leur nationalité. Ils obtiennent en général la même durée de séjour que vous.
  • Le conjoint peut travailler : selon l'USCIS, le conjoint d'un titulaire E-2 est autorisé à travailler du fait de son statut. Depuis le 30 janvier 2022, son I-94 porte la mention « E-2S », qui sert de justificatif. Il peut aussi demander une carte d'autorisation de travail (EAD), en option.
  • Les enfants peuvent être scolarisés, mais leur statut dépend du vôtre : attention au passage des 21 ans.

Les erreurs fréquentes

  • Laisser l'argent « dormir » sur un compte américain sans l'avoir engagé : c'est l'erreur la plus citée par l'ambassade.
  • Présenter un projet qui ne fera vivre que vous et votre famille (entreprise « marginale »).
  • Un business plan sans prévisions chiffrées sur cinq ans, ou sans recrutements prévus.
  • Dépasser 10 Mo ou fournir un dossier mal organisé : il sera retourné.
  • Acheter des billets d'avion ou résilier son bail en France avant d'avoir le visa. Le Département d'État le rappelle : la délivrance n'est jamais garantie.

Et après le visa ?

Une fois sur place, il faudra un numéro de sécurité sociale, un compte bancaire, une assurance santé et souvent un logement sans historique de crédit américain. Notre guide S'installer aux USA détaille ces démarches.

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Pour aller plus loin que cette page : checklists Tab A–L, modèle de business plan (exemples clairement étiquetés), coûts, motifs de refus et plan d'action en 12 points. Information générale, pas un conseil juridique.

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Ce guide n'est pas un conseil juridique. Le visa E-2 est très dépendant de votre projet. Avant d'investir, faites analyser votre dossier par un avocat en droit de l'immigration inscrit au barreau d'un État américain. Être mis en relation avec un avocat.

Sources officielles

Pages consultées le 6 novembre 2026.

Information générale, pas un conseil juridique. Cap Amérique n'est ni un cabinet d'avocats ni un service officiel du gouvernement américain. Pour votre situation, consultez un avocat en droit de l'immigration inscrit au barreau d'un État américain. En savoir plus.